Vous pouvez vouloir de la proximité et du temps seul, du changement et de la stabilité, accepter une offre et la refuser. Cela ne signifie pas nécessairement que vous êtes incohérent ou qu’une part « véritable » de vous est cachée. Des options différentes peuvent correspondre à des valeurs et à des coûts différents. Il ne s’agit pas toujours de supprimer une envie ; parfois, il faut comprendre les conditions et compromis que vous êtes prêt à envisager.

Chaque option peut protéger quelque chose d’important

Essayez de remplacer « Qu’est-ce que je veux vraiment ? » par deux questions plus précises :

  • Qu’est-ce que la première option m’apporte et que risqué-je en la choisissant ?
  • Qu’est-ce que la seconde m’apporte et que risqué-je en la choisissant ?

Par exemple, rester dans un emploi connu peut apporter une stabilité financière et un cercle familier, tandis que changer d’emploi peut offrir de l’intérêt et des possibilités de développement. Cela ne prouve pas qu’un emploi répond parfaitement à ces besoins ; c’est une piste à examiner.

Une décision supprime rarement tout le coût du choix. Vous pouvez regretter l’avantage auquel vous renoncez tout en considérant l’autre choix raisonnable dans les circonstances actuelles. Le regret ne prouve pas que vous avez mal choisi.

Exemple fictif : se reposer ou rendre visite

Lena veut rester chez elle samedi, après une semaine chargée. Elle tient aussi à voir sa sœur, qui vient rarement. Au départ, elle se dit : « Si je refuse, je suis une mauvaise sœur ; si j’y vais, je vais encore m’ignorer. » Ces deux options laissent de côté les possibilités intermédiaires.

Lena peut demander si un autre format conviendrait : un déjeuner court plutôt qu’une journée entière, se voir dimanche, passer une soirée tranquille chez elle ou envoyer un message honnête disant qu’elle est contente de voir sa sœur mais ne peut pas ce jour-là. Sa sœur peut accepter ou non une autre proposition. Lena peut également décider que le repos compte davantage cette fois et suggérer une autre date. L’exemple ne détermine pas le bon choix ; il montre comment explorer besoins, limites et possibilités.

Quand les envies ne peuvent pas être combinées

Il n’existe parfois pas de troisième option : le temps, l’argent ou les possibilités manquent. Vous n’avez pas à renoncer définitivement à une envie. Vous pouvez décider de ce qui compte le plus pour cette période, de ce qui ne peut attendre, du coût que vous êtes prêt à accepter et du moment où vous reviendrez à la question. « Je choisis de me reposer maintenant et proposerai une visite la semaine prochaine » ne revient pas à promettre de toujours choisir le repos.

Nommer ce que chaque option vous coûte aide à ne pas prétendre que le choix n’a aucune conséquence. Ce n’est pas un calcul qui désigne un gagnant. Vous pouvez regretter une occasion manquée tout en agissant selon la priorité que vous avez choisie en tenant compte de la réalité. Si d’autres personnes sont concernées, vous pouvez écouter leurs envies sans renoncer à prendre en compte vos propres limites.

Il peut être utile de distinguer le conflit entre deux choses importantes de la pression sociale : « j’en ai vraiment envie » et « je pense devoir en avoir envie, sinon on me jugera » sont des expériences différentes qui peuvent coexister. Il n’est pas nécessaire d’écarter une envie parce que l’entourage a des attentes. Vous pouvez vous demander si vous choisiriez la même option sans ses compliments ni sa désapprobation. Ce n’est pas un test d’authenticité, mais une autre manière de remarquer le contexte extérieur.

Un exercice sur papier

  1. Notez deux envies sans qualifier l’une de raisonnable et l’autre d’égoïste. Sous chacune, indiquez ce qu’elle protège pour vous : du temps, un lien, la santé, de l’intérêt, de la sécurité ou autre chose.
  2. Séparez les conditions impossibles à modifier des suppositions. Un billet de train acheté est un fait ; « nous ne nous reverrons jamais » est une prédiction qui peut être vérifiée.
  3. Demandez-vous si les options peuvent être combinées, alternées ou essayées pendant une durée limitée. Sinon, choisissez un critère pour cette fois et reconnaissez les avantages auxquels vous renoncez.

Dans un commentaire hébergé par l’APA, la psychologue Lynn Bufka décrit pourquoi les choix entre valeurs contradictoires et conséquences incertaines peuvent être difficiles. Il s’agit d’une tribune, pas d’une règle valable pour tout le monde. Elle ne permet pas d’établir les motifs d’une envie particulière ni n’oblige à suivre une formule de décision.

Si le choix concerne un traitement médical, la sécurité, un risque financier important ou des conséquences juridiques, une liste d’envies courantes ne remplace pas l’avis d’un professionnel compétent. La Boussole des valeurs peut vous aider à nommer deux ou trois priorités et à les confronter aux circonstances réelles. Elle ne classe pas vos valeurs et ne prédit pas le résultat.